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Momix: Lunar Sea

De passage à Toulouse à Odyssud dans leur tournée mondiale, avec leur spectacle Sun Flower Moon, dirigés par Moses Pendelton, les Momix sont à la danse (contemporaine et classique) ce que Gene Kelly, Judy Garland ou Stanley Donnen étaient au cinéma hollywoodien: des danseurs complets, capables de manipuler des marionnettes géantes en théâtre noir, comme de faire des acrobaties de cirque ou de mêler le hip-hop à la danse classique. D’ailleurs, la musculature (hommes et femmes) de cette dizaine d’artistes hors pair, lorsqu’elle nous est révélée au grand jour de la scène en fin de spectacle, explique à elle seule l’extraordinaire performance visuelle que les Momix nous offrent avec Sun Flower Moon. Je les avais vus il y a plus de dix ans à Vignale Danza, où ils se sont produits durant la saison 2005; ils n’étaient alors que quatre danseurs… Aujourd’hui mondialement célèbres comme ils l’étaient déjà alors, mais beaucoup plus nombreux (une quinzaine), les Momix sont au sommet de leur art: si l’on devine parfois le secret des ombres des danseurs (j’étais tout près de la scène…), la technicité des mouvements des “moitiés” de danseurs blancs qui évoluent dans Sun Flower Moon n’en est que plus fascinante quand on comprend ce qu’il font dans ce jeu d’ombres et de théâtre noir. Extrême poésie des jeux de bras blancs qui deviennent un vol de mouettes lunaires, de la danse macabre où la Mort vole telle un papillon au coeur d’une fleurs de plumes, de la danse des parasols-méduses, de la danse de l’araignée phosphorescente arachnophage qui se transforme en fleur multicolore… Jambes sans bustes livrées à elles-mêmes, bras sans corps qui s’envolent comme des oiseaux… Entre extrême technicité et jeux d’ombres, Sun Flower Moon est un enchantement. C’est un peu kitsch parfois, c’est un peu le “premier degré de la danse” mais c’est tout simplement fabuleux si on s’y laisse prendre…


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