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Fédératrice, la danse selon Blanca Li l’est assurément. Son dernier spectacle, “Macadam Macadam” en est l’illustration la plus aboutie. Devant le public conquis et nombreux du théâtre Mogador, les danseurs de hip-hop interprètent une chorégraphie pleine d’humour (délire sur un bip-bip de game-boy, pauses comiques de poèmes absurdes à la Francis Ponge, danseurs qui ne savent pas danser ou défilé de mode parodique), on ne cesse de vibrer à la danse selon Blanca Li. Cette danse se fait parfaitement jubilatoire lorsque les danseurs mêlent claquettes (en baskets!) et hip-hop comme l’homme de la rue dansant qu’était Gene Kelly, sur la musique même de Singing in the rain; le hip-hop ragtime côtoie un solo magique de danse contemporaine façon Béjart, puis le hip-hop-danse africaine ou encore le hip-hop-charleston… Toutes les danses s’y retrouvent: la joie de danser est sur scène, elle est cet élan vital que la danse ne devrait jamais cesser d’être. Entre rage de vie et dérision, les danseurs dirigés par Blanca Li dansent comme Gene Kelly pateaugeait rageusement autant que joyeusement dans ses flaques, c’est-à-dire comme en “cassant” cette danse même qui est la leur, brisant le hip-hop en le parodiant mais pour le mettre plus encore en valeur dans l’écrin des autres danses (et viceversa), pour en faire ce langage universel qui est la plus belle réussite de l’art de Blanca Li.

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