Le dernier film de Alejandro Gonzales Inàrritu est un modèle de réussite en terme de mise en scène (primée à Cannes) laquelle, comme c’était déjà le cas dans 21 grammes, met incomparablement en valeur le scénario. Inàrritu est l’exemple même du cinéaste qui fait coller une mise en scène idéale à la thématique qu’il choisit de traiter. Le sujet de Babel est la théorie du chaos: ou comment un battement d’aile à Tokyo peut déclencher un cataclysme en Floride (Lorentz et l’effet papillon)… Ici, les liens entre le Maroc, les USA, le Japon et le Mexique sont bouleversés comme une tour de Babel (le chaos des langues et des cultures) paradoxalement par un personnage de sourde-muette japonaise habitant Tokyo, et dont on comprend peu à peu les douleurs ou secrets cachés ayant entraîné, à l’autre bout du monde, une cascade de conséquences dramatiques. Les images (époustouflantes, les images du Maroc), le montage et le rythme de ce film sont admirables, et Brad Pitt est au sommet de son jeu d’acteur. C’est superbe, il faut absolument voir ce film prenant, et mine de rien, lourd de sens à la fois philosophique et politique.
Voir les bandes-annonces. Vu le 19 nov.2006. Note: ****

Publicités