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En étant un peu méchante (et parce que j’ai été déçue par son spectacle Corazon Loco, plutôt répétitif et peu inventif, alors que j’avais adoré Macadam Macadam), je pourrais dire que Blanca Li fait de la danse de MJC, en comparaison du duo fascinant que j’ai pu admirer hier soir à Odyssud: Russell Maliphant et Sylvie Guillem dans Push. Mais ce serait comparer l’incomparable: tout simplement parce que Sylvie Guillem est à la danse contemporaine ce que Maïa Plissetskaïa est à la danse classique. Un phénomène habité par une force qui la dépasse et qui nous dépasse, qui semble lui venir de l’intérieur comme le démon transcendantal de la musique habitait Mozart, et tel le « on me pense » de Rimbaud, il y a le « on me danse » de Sylvie Guillem… Cette force indicible qui fait que dès qu’elle lève un bras, la salle entière est magnétisée. Sylvie Guillem n’est pas seulement Sylvie Guillem, elle est LA danse, et les mots sont trop faibles pour dire ce qu’un tel spectacle produit de fascination chez le spectateur. Dans Push (et il s’agit bel et bien d’impulsion), lors d’un solo où, habillée de noir, au centre d’un carré de lumière étroit, elle effectue une ensorcelante danse des bras, Sylvie Guillem semble occuper l’espace tout entier de la scène tout en restant quasiment immobile. Un sortilège. Voir: TWO, 2005.

Cliquer sur la photo pour la video du duo avec Russell Maliphant.
Lire l’article du Monde.
Galerie photo.

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