C’est un world pas free du tout, que celui où vit et travaille Angie: ou plutôt tellement free, que c’est la loi de la jungle au pays de l’exploitation des travailleurs issus de l’immigration, qu’ils soient clandestins ou non. La plus belle réussite du film de Ken Loach est double: d’abord, l’actrice Kierston Wareing, juste excellente. Et ensuite, la structure en boucle du film: qui commence par la fin (mais on ne le sait qu’à la fin)… Mouvement cyclique qui est bien à l’image du cercle vicieux et infernal dont chacun n’est qu’un simple rouage… à tel point qu’on ne peut même pas condamner Angie lorsqu’elle agit au pire de ce qu’elle est capable de faire, puisque c’est un système tout entier qui le permet. On regrettera simplement (mais c’est là le style Ken Loach) le côté toujours un peu docu-reportage-fiction de ses films (et c’est leur mérite aussi, d’aller parler de la stricte et déplorable réalité), ainsi que l’absence d’observation approfondie de la psychologie des personnages (chez Ken Loach, c’est le système social qui explique tout, bien avant la notion de nature humaine, comme le montre si bien – à l’inverse – La vie des autres, puisque là aussi on avait la peinture d’un système aux rouages terribles, mais observé du versant psychologique des personnages et du point de vue de la complexité de l’être humain en général). Un très beau film, même s’il manque un peu de lyrisme dans le traitement du sujet (lyrisme qui n’aurait pas été incompatible avec sa gravité).
Vu le 3 janvier 2008. Note: **
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