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L’exposition sur Babylone au Louvre permet une belle approche tant de l’histoire réelle que du mythe de Babylone (dont sa représentation en peinture -chez Delacroix ou Brueghel- ou en film dans un célèbre film muet; elle devient, chez les pères de l’Eglise (l’apôtre Jean en relatant la « chute ») l’équivalent du Royaume du Mal à partir du Moyen-Age, jusqu’à être rapprochée de la quasi satanique Rome papale des années 1525 qui trouvent leur aboutissement final logique dans la mise à sac de cette « nouvelle Babylone » en 1527). Pour peu qu’on ait la patience de s’arrêter sur les pannonceaux explicatifs (attention, il y a du monde!), on révise la date de l’épopée et des songes de Gilgamesh (3000 an av JC) en découvrant les ouvrages anciens la relatant. Résonne ensuite longtemps à nos oreilles les noms de rois tels que Hammurafi qui a régné jusqu’en 1600 av JC, puis Nabuchodonosor ou Sémiramis, amante légendaire de Nabuchodonosor et reine assyrienne, fils du roi Ninus et fondatrice, dit-on, de la cité de Babylone. On découvre (ou redécouvre) les noms de divinités babyloniennes: Sin, déesse de la lune, Ishtar (Vénus). Rappelons aussi que la tour ronde dite de Babel n’a existé comme telle que dans la Bible ou dans l’imaginaire des peintres, et que la vraie Tour de Babel (la Ziggurat de Babylone) était en realité une tour carrée, à plusieurs étages, à tel point qu’un peintre anglais du 18e se trompe en voulant representer les deux sur son tableau, croyant peut-être à l’existence de deux tours distinctes. Fascinantes aussi les traces des premières fouilles ayant faire ressurgir archéologiquement la cité de Babylone (et la première inscription des stèles decouvertes: Tell de Babil), qui surgit sous nos yeux au travers des dessins exposés et figurant dans le livre d’or des archéologues vers 1917… De magnifiques objets coupent littéralement le souffle par leur seul état de conservation: stèles l’argile noire, géantes ou non, mais intactes et gravées de caractères cunéiformes, une déesse à la chouette (la reine de la Nuit, cf.photo) d’une beauté incroyable: le mythe de Babylone revit litteralement sous nos yeux éblouis. Au Louvre jusqu’au 2 juin 2008.
Voir la porte d’Ishtar (Ishtar est la déesse Vénus) reconstituée brique après brique à Berlin
Photo: la reine de la nuit (Une œuvre sculptée emblématique de l’art et de la civilisation du règne d’Hammurabi, roi de Babylone.)
Colloque sur la Tour de Babylone le samedi 19 avril 2008

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