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Martin Provost a construit le personnage de Séraphine comme un arbre, image phare et récurrente du film: pieds nus, elle plonge les racines de son inspiration de la terre jusqu’au ciel, comme un conducteur électrique ou une éponge, au coeur du monde; mais comme elle n’est qu’une simple de femme de menage, elle appelle ça inspiration du Ciel et peint comme au nom d’un pacte avec la sainte Vierge…
Yolande Moreau,
véritable Depardieu au féminin, y est admirable: elle fait passer avec un sobre panache l’idée que l’art, quel que soit l’artiste (mais plus encore s’il est de condition modeste) est quelque chose d’inexplicable qui habite le créateur, et le domine jusqu’à l’écraser. Et Séraphine Louis de Senlis est, d’une certaine façon, tellement dominée par la force de son art, qu’elle lui donne le nom de la Sainte-Vierge; c’est tellement plus simple, pour une femme de chambre.
En tout cas, le film est superbe et ça vous prend aux tripes: il faut courir le voir.
Vu le 12 octobre 2008. Note: ****

Séraphine de Senlis au Musée Maillol.
L’avis de Télérama

Après ce film, je suis restée toute la journée du lendemain (hier, en l’occurrence) dans une grande difficulté à revenir sur terre, d’une certaine façon, presque l’angoisse au ventre tellement j’étais encore « ailleurs », et tellement le personnage incarné par Yolande Moreau (et sa peinture, surtout) vous embarque dans un monde d’où il est difficile de revenir tout de suite…

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