On entre dans Shutter Island de Martin Scorsese comme dans un film noir des années 40-50 américaines et, dès les premières images, on se demande si le Humphrey Bogart du Port de l’angoisse ne va pas se pointer sur ce bateau où l’atmosphère est déjà oppressante… Thriller psychologique parfaitement réussi, Shutter Island navigue entre le film fantastique, le policier, le drame psychologique, le film gothique et l’épopée historique (allusions à l’univers carcéral, aux camps de la mort, aux hôpitaux psychiatriques, tableau effrayant de la psychiatrie, folie de la violence humaine…). Digne du meilleur d’Howard Hawks ou de Franck Capra, ce film de Scorsese fait en sorte que le spectateur adopte, dès le début, exclusivement le point de vue de Teddy (alias Leonardo DiCaprio ultra convaincant et saisissant), dont on partage par conséquent de bout en bout les angoisses et surtout les doutes, en véritables montagnes russes (au propre comme au figuré). La fin est surprenante et ne lève que très très peu les pans d’ambiguité du film (qui constituent l’essence même de son fascinant suspense), sauf si l’on se souvient alors des toutes premières paroles prononcées par Teddy au début du film (en anglais, car il faut absolument voir ce film en VO): « it’s only water… », mince indice, certes, pour un incroyable voyage dans la folie et dans la paranoïa la plus labyrinthique qui soit… En tout cas, c’est extrêmement bien ficelé, et j’ai adoré.
Vu le 9 mars 2010. Note: ***
Bande-Annonce en VO

Publicités