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Blanca Li m’avait déjà déçue lors de son dernier spectacle (Corazon Loco) que j’avais pu voir à Odyssud, et cette fois, même chose: son Jardin des délices, basé sur une idée de génie (faire danser le Jardin des délices de Jérôme Bosch) offre au spectateur le pire et le meilleur, en quantité strictement égale. Frôlant le racolage commercial d’un spectateur qu’elle semble vouloir (trop) s’efforcer de faire rire, Blanca Li mêle à son spectacle des morceaux de music-hall même pas drôles quand ils essaient de l’être. Ne nous étendons pas plus sur le sketch lourdingue de l’opérateur téléphonique qui vous demande de taper 6 si vous avez tapé 5, en voix off et exécuté par Blanca Li, sur Carla et Nicolas passant à l’avant-scène au milieu d’un cabaret où des danseurs sur-déguisés miment ici une femme enceinte, là, une diva grotesque et folle…. Quel rapport avec Jérôme Bosch et le reste du ballet, tissé de coups de génie?
Bref, le meilleur (et là, c’est vraiment superbe), ce sont les corps à corps des danseurs comme sortis de l’oeuvre de Jérôme Bosch, simulant ces êtres étranges, mi-fleurs, mi-animaux, dans des gesticulations gnomiques travaillées et fascinantes. Mais comme chorégraphe, Blanca Li a un gros défaut: elle donne l’impression de mettre en scène ce qui lui passe par la tête, comme ça lui passe par la tête et dans l’ordre (peut-être) où ça lui passe par la tête. Résultat: ça peut être absolument génial, mais ses coups de génie (ou non), elle les assemble tous à la suite, sans cohérence, ce qui aboutit à une alternance systématique et disparate entre morceaux sublimes et passages d’un ridicule confondant [voir l’extrait video]:

Vu le mercredi 24/03/2010 à Odyssud.

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