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Giselle est sans nul doute le ballet du répertoire le plus casse-gueule qui soit: ballet romantique par excellence (lié à l’emblématique Carlotta Grisi, amour malheureux de Théophile Gautier, et créé en 1841) mais figurant aussi parmi les plus parodiés au monde, il doit être à mon avis dansé par les meilleurs troupes, ou alors pas du tout. La troupe du Capitole nous a prouvé encore une fois vendredi qu’elle était capable du meilleur, en la personne de Maria Gutierrez, bouleversante et évanescente Giselle, notamment dans le IIe acte. Giselle est un ballet qui n’est pas d’un intérêt artistique et technique majeur dans le Ier acte, mais devient déchirant et passionnant dans le second, dès la scène de la folie (fin de l’acte I). C’est alors que tous les ressorts de la danse classique la plus pure sont mis en oeuvre, faisant appel chez les danseurs à la fois à l’expression tragique, et à l’extrême technicité : dans la variation du Prince Albrecht (la sidérante série des…26 entrechats 6à voir!! – où le personnage est contraint par les Wilis, ces spectres de jeunes fiancées défuntes, mi-nymphes, mi-vampires, qui poursuivent leurs fiancés pour les précipiter dans la mort, à danser jusqu’à épuisement – y est non seulement une nécessité de l’intrigue mais en même temps un réel morceau de bravoure pour lequel on imagine aisément l’épuisement de l’interprète!!); dans le grand pas-de-deux, l’un des plus beaux du répertoire – où le Prince Albrecht (le soliste Kazbek Akhmedyarov, parfait) exécute des portés (nombreux) où la danseuse doit donner l’impression d’à peine toucher terre, puisqu’il est sensé danser avec une ombre – …pas-de-deux qui peut aussi bien tomber dans le transport laborieux, et pas aérien du tout, d’un sac à patate en tutu….À cet égard, Maria Gutierrez nous a offert une prestation proche de celle, célèbre, de Svetlana Zakharova, dont voici un extrait:

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