Jean-Christophe Spinosi, à la tête de l'ensemble MATHEUS

Si vous n’avez jamais vu le Barbier de Séville et que celui-ci passe près de chez vous, courez-y: la version concertante de Jean-Christophe Spinosi est juste extraordinaire et pour le coup, pas du tout statique (le risque avec les versions concertantes). J’ai eu la chance d’être assise sous le nez de l’orchestre et des chanteurs dans le cadre du programme Les Grands Interprètes, à la Halle aux Grains ce mercredi 20 mai, et ce fut un enchantement littéralement décoiffant (sans compter le cocktail sur la scène, ensuite, en compagnie des interprètes!), dans lequel on avait la sensation d’être emporté avec les chanteurs et l’orchestre, tant on était proches de la scène (on pouvait quasiment les toucher et ils chantaient parfois assis sur le plateau à 1m de nous!): Figaro (génial Nigel Smith) en gros black Ziva rappeur avec un parfait look banlieue (sweat blanc à capuche, jean baggy avec fleurs brodées sur les fesses, pendentifs dorés dont une lame de rasoir (of course!), bandana autour de son crâne rasé, lunettes de soleil bling bling, iPod dans la poche ou collé à l’oreille lors de son recitatif « ma chi sarà costui? »); Bartolo (Alfonso Antoniozzi), le tuteur de la jeune Rosina (Marina De Liso) était extra aussi, en vieux grincheux façon « au théâtre ce soir » en peignoir d’éponge imprimée, qui arpente l’orchestre tantôt tapant sur l’épaule du chef d’orchestre, tantôt s’endormant sur l’épaule d’une violoniste du premier rang pendant l’aria de Rosina « Rondo delle precauzioni inutili », chef d’orchestre pris à parti pendant les apartés ou monologues, ou auquel on soustrait un instant la baguette… Un pur délire vivifiant, sans compter que la bravoure les musiciens et des chanteurs était carrément au rendez-vous.
Le chef d’orchestre Jean-Christophe Spinosi déploie une énergie renversante et communicative à la tête de son Ensemble Matheus.
La distribution est excellente. «Le Barbier de Séville» sera au Théâtre du Capitole la saison prochaine, dans sa version scénique et je suis curieuse de voir si cette version concertante, si fidèle au fond à l’idée que Le Barbier de Séville est avant tout un opéra-bouffe, sera conservée: on rit tout le long, on comprend tout (enfin, moi qui étais sous le nez des chanteurs, j’ai capté toutes les phrases en italien, y compris celles avec « crudo strale » et autres formulations littéraires propres à l’italien « aulico »….).
Le Barbier sur ClassicToulouse

Nanagramme a vu le spectacle à Brest, et confirme!

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