On sort de ce film avec la terrifiante sensation que l’Italie est clairement en dictature: abêtissement des foules, populisme dans sa plus basse expression, manipulation des médias et des Institutions étatiques, transformation pernicieuse de la « Protezione civile » en Société Privée par Actions, tentaculaire machine à obéir et commander sous forme de milices et du « capocampo » – le mot fait froid dans le dos… – placé à la tête des « camps » des sinistrés de l’Aquila (dont nombre dorment encore à ce jour dans des tentes) dans lesquels entrer et sortir nécessite un laisser-passer que l’on obtient jamais, culte de la personnalité à outrance (l’effrayante scène où Berlusconi fait campagne dans une maternelle, ou lorsqu’il déclare vouloir remettre les clés des premières maisons à l’Aquila le jour de son anniversaire), déification du Président du Conseil qui finit par être totalement idolâtré, perçu littéralement comme le Messie (il fait tout pour ça) par les mêmes foules abêties…. Le mot de la fin, « dictature », est d’ailleurs prononcé par l’un des protagonistes du tremblement de terre de l’Aquila: on sort de là accablé, effrayé, mais il faut absolument voir ce film qui donne toute la mesure de l’ampleur du « cas » Berlusconi, ne serait-ce que pour « savoir ». Et ce qu’on y apprend est grave, très grave.

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