Ce qui est fou, avec Woody Allen, c’est qu’il a le don de redire invariablement les mêmes choses sans jamais refaire le même film. Minuit à Paris n’échappe pas à la règle, du moins dans la veine Tout le monde dit I love you, car ça n’est quand même pas un chef-d’oeuvre au même titre que pouvait l’être le génial Match Point… Le début de Minuit à Paris déroute un peu: j’ai eu l’impression que quelque chose sonnait faux, sans doute parce que ça sent tellement Woody Allen que ça fait « déjà vu ». Mais dès lors que le film remonte dans le temps et part dans un total délire, on se laisse embarquer, aux douze coups de minuit, dans la voiture-carrosse avec le personnage principal, totalement ahuri (lui reste ahuri, et nous on se marre) et on ne décroche plus… La principale qualité du film réside dans la cocassserie des situations temporelles envisagées. Mention spéciale à Adrian Brody en Salvador Dali (mon préféré avec Bunuel et Manray: la scène au café est un délice d’absurdité hilarante). Et le contraste entre le conformisme de la famille américaine, pétri de luxe à outrance (défilé de sacs Hermès, valises Vuitton et autres vestes Chanel!), et la poésie surréaliste des scènes post-midnight est très efficace…
Vu le 29/05/2011. Note: *** (à voir en V.O impérativement!)

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