Du Sautet ou du Rohmer, c’est sans doute la référence des Petits Mouchoirs, mais c’est plus « Loana, Jean-Edouard et Steevy » (et le sosie de Michel Leeb) que Vincent, François, Paul et les autres: c’est bien simple, on se croirait dans Le Loft… ou Sous le soleil. Personnages transparents et totalement incohérents dont on ne comprend aucune des motivations, une scène finale qui s’étire en longueur et culmine en interminable casting lacrymal de VIP (et encore, on a du bol, y a pas Mélanie Laurent…) à qui saura le mieux pleurer (et puis c’est quoi cette mêlée de rugby finale sur le mec des huîtres où tous, hilares, ils ont l’air d’être contents de fêter la fin de ce film entre acteurs-copains?), une histoire et une galerie de personnages auxquels on ne croit pas une seconde… Bref, je n’étais pas allée voir Les Petits Mouchoirs à sa sortie, subodorant un navet inégalable. Eh bien, je n’ai pas été déçue: c’était comme je le craignais. Nul. On ne croit à rien du début à la fin, dans ce film très normatif aussi sot et mièvre que ses personnages… Même les moments sensés être drôles sont insupportables: les personnages rient de leurs propres gags, pendant des minutes interminables, pleurent tous ensemble les uns après les autres lorsqu’on est sensé pleurer nous aussi… Agaçant, épuisant, navrant. Et puis, cette bande-son qui couvre les seules scènes dont on suppose que le dialogue aurait peut-être été intéressant (la scène de rupture à l’aéroport), mais sans doute Guillaume Canet ne savait-il pas lui-même ce que pouvaient bien se dire les personnages à ce moment-là, tant ils sonnent creux…

Vu le 12 juin 2011. Note: aucune étoile!

La critique des Inrocks: « L’industrie lourde du cinéma français en tongs au Cap-Ferret. Une certaine idée de l’enfer »

Publicités