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JJG, sa chemise blanche et sa cravate en cuir noire

En voyant l’émission récente consacrée à Jean-Jacques Goldman, je me disais que ma génération avait vécu son adolescence à l’époque bénie où la chanson française parlait de nos tripes et à nos tripes. Depuis, l’on est passé de « à coups de livres je franchirai tous ces murs » à l’interdiction lancée à la guichetière, parce qu’elle est guichetière, de franchir certains murs à coup de Princesse de Clèves… Jean-Jacques Goldman a ce que n’ont plus les (nouveaux) chanteurs français d’aujourd’hui: la classe de l’intelligence et l’empathie pour les questions collectives cruciales. L’émission de lundi soir, suscitant à nouveau tous les sentiments qu’éveillaient en moi, ado, nombre des chansons de JJG, soudain m’interrogea: mais où sont-ils donc, aujourd’hui, les auteur-compositeurs-interprètes français qui parlent aux tripes de nos ados, qui leur parlent de problèmes vraiment universels, qui réveillent leur empathie endormie, qui fédèrent leurs révoltes de société dans une même communion des esprits? J’ai cherché, cherché… et je n’ai pas trouvé. Alors je me suis dit que c’était triste… Encore tout récemment, JJG est venu me parler à l’oreille et au coeur, »juste après » …
Pudeur, intelligence, empathie, bonté, humilité… Les qualificatifs manquent pour définir JJG. Peut-être que: « chanteur qui pense bien » serait le meilleur d’entre tous… Pourtant, il fut critiqué aigrement, accusé de n’être qu’un BHL de la ritournelle. Mais n’était-ce pas au final le plus beau compliment à lui faire? Et où sont-ils, aujourd’hui, ceux dont Balavoine pourrait dire qu’ils « pensent bien« ? La classe de l’intelligence, on en redemande: classe en chemise à carreaux-cravate, classe au bord des larmes lorsque, confidentiel, il pleure Balavoine chez Drucker, classe de sa cravate en cuir, de sa chemise blanche et de ses jeans, il a suffi d’un signe pour que JJG marque toute une génération.

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