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« On ne connaît pas de société humaine dont les membres se soient contentés de leurs corps biologique » écrit Elisabeth Azoulay, ethnologue et coordinatrice de 100 000 ans de beauté (Gallimard, 2009). La phrase est citée dans le passionnant article de Raphaëlle Rérolle pour le Monde Magazine: les nouveaux codes de la beauté, lesquels véhiculeraient un seul et même message, au nom d’un seul et même objectif: ne pas pendouiller. Car ne pas pendouiller signifie être dans la compétition, et souscrire au diktat de la performance. Ne pas pendouiller signifie n’avoir (jamais) l’air fatigué, ne pas avoir l’air mou (la preuve, un certain présidentiable en a déjà fait les frais), ne pas pendouiller c’est incarner le dépassement de soi permanent, l’absence de droit à l’erreur, la perfection qui défie le temps… et j’en passe.

Depuis l’Égypte ancienne, donc, jusqu’à Thom Browne aujourd’hui (« chacun peut s’habiller comme il l’entend mais je ne comprends pas ceux qui se contentent d’avoir l’air ordinaire« ), pourquoi ne nous contentons-nous jamais de notre simple enveloppe biologique? Fringues, chirurgie esthétique, piercing, bijoux, maquillage… Même le plus je-m’en-foutiste des êtres ne cesse de modifier son enveloppe extérieure et ce, depuis la nuit des temps. Mais ce qui a changé, lit-on ici, c’est le surgissement de cet impératif, de ce diktat de la mode et des apparences, qui consiste à, surtout, ne pas pendouiller. A l’heure où certaines se font remodeler, avant même que quoi que ce soit ne pendouille, qu’en penserait notre plus grand pendouilleur devant l’éternel, cette icône du droit à pendouiller, père à son insu de l’une des icônes de mode les moins ordinaires de la planète?

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Et vous, pourquoi voulez-vous modifier votre enveloppe biologique?
Est-ce… pour ne pas pendouiller ou bien… pour n’avoir pas l’air ordinaire?

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