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Je ne parle plus très souvent de cinéma ici, par manque de temps pour rédiger quelque chose de correct; mais lorsque je ne sors pas indemne d’un film quelle qu’en soit la raison, je tiens à en parler. Ce fut le cas il y a quelques semaine ….So… We need to talk about Kevin… Tout d’abord, le casting est à tomber: j’adore Tilda Swinton, et Ezra Miller dont l’interprétation imprégnée de la beauté du diable – qui glaça tant l’auteure du livre original, qu’elle douta un instant d’arriver à croire que cet ado-acteur n’eût point tué 7 personnes dans la réalité lorsqu’elle le croisa à Cannes! – n’a d’égal que la froideur désemparée de sa Jocaste-Tilda de mère. Voyez ce film, vous ne pourrez plus jamais manger une tartine de pain de mie avec confiture de fraise, ni des litchees, de la même façon…. Et vous vous surprendrez à comprendre une mère qui balance son tyran de gosse contre un mur… Dérangeant, politiquement incorrect, We need to talk about Kevin interroge sans concessions sur l’origine du mal sans trouver de réponse, ou plutôt si: le Mal serait-il inné, si inexorable qu’on ne puisse plus l’arrêter, une fois qu’il s’insinue en nous? À mi-chemin entre la logique de Le Ruban Blanc et celle de Elephant, ce film est fascinant de noirceur, remuant le plus noir des tréfonds de l’âme humaine. Pourtant, Dieu sait si je ne suis pas fana de thrillers psychologiques, mais là, avec les flash-forward et les flashback à foison, l’angoisse naît aussi inexorablement que durablement…. C’est d’une redoutable efficacité cinématographique. À voir absolument (en V.O. bien sûr)

We need to talk about kevin

 

Le Film (sur Arte)

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