Je ne parle jamais de livres ici, d’abord parce que ça n’est pas la dominante du blog, et ensuite parce que j’ai très rarement de vrais coups de coeur pour un roman, romans que je lis du coup assez peu tellement mon degré d’exigence est élevé… Qu’un livre m’ennuie et ne m’apporte rien est, je crois, bien pire pour moi que l’ennui équivalent au cinéma. Mais cette fois, je suis enfin happée par un ouvrage dont je ne peux que venir vous parler. Je n’en suis qu’à la moitié, mais Eva de Simon Liberati comble déjà mes exigences en matière de littérature: être embarquée par une écriture qui créée un monde à la fois particulier et suffisamment universel pour côtoyer les plus grands (les Proust, les Théophile Gautier, les Edgar Poe, les Dante et j’en passe). Là, on y est: Eva semble écrit dans les vapeurs d’opium des Fleurs du Mal, hanté par l’atavisme immémorial des Filles du Feu de Gérard de Nerval, évoluer dans l’imagerie féroce et envahissante d’un Félicien Rops, se brûler les ailes chez Huysmans, flirter avec l’alchimie mystérieuse de l’univers d’André Breton et le fantastique d’Edgar Poe, le tout fortement teinté de la plume ensorcelante d’Elsa Morante dans Mensonges et sortilèges… ça fait beaucoup, vous me direz, mais pour moi – sorry – il faut bien tout ça pour que ça « déménage ». À mon avis, on adore ou on déteste, mais… just read it, et vous  me direz si vous ne ressortez pas de là remué comme tout roman digne de ce nom devrait le faire (et je parle aussi du style; pas seulement de l’histoire…).

Eva-Simon Liberati-Stock

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