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Au-delà du sentiment d’horreur, de la sidération et de la tristesse insondable qui m’a envahie et ne me quitte plus depuis ce funeste vendredi 13 novembre, mais aussi depuis Charlie Hebdo, je crois que ce qui me frappe le plus dans les actes innommables de ces non-hommes, c’est l’extrême contre-productivité, ou plutôt la productivité inversée qu’entraîne leur terrorisme. Ce qu’ils veulent? Tuer, au sens propre comme au figuré, c’est-à-dire tuer notre liberté, nos habitudes, nos valeurs, nos modes de vie. Sauf que ces fucking asshole sont beaucoup trop premier degré: ils croient, ces abrutis, qu’en tuant, on tue aussi nos valeurs. Seulement voilà, il n’y a pas plus vivace que le symbole, que le second degré dont (on le sait depuis Charlie) ces zozos-là sont parfaitement incapables. Croyant abattre tout ce qu’ils exècrent, ils ne font (ironie du sort) qu’alimenter nos valeurs et faire croître – telles des roses sur le terreaux du pire premier degré – un jardin entier de symboles. Avez-vous remarqué combien de symboles fleurissent, depuis le 7 janvier 2015???? Crayons, dessins, Tour Eiffel stylisées, chaises de terrasse, chiens d’assaut, lieux parisiens, #peaceforparis, #jesuisenterrasse, #jesuischarlie, carillons et belles équipes, bateaux battus par les flots contre vents et marées, toute cette « banalité » du quotidien occupe désormais la fonction, la valeur et le statut de monuments nationaux et symboliques. Le premier degré crasse de ces abrutis, de ces suppôts de la connerie humaine, de ces bugs qu’appeler des hommes est une insulte à l’humanité, ne fait que renforcer notre second degré et la valeur inestimable et éternelle de nos symboles: il suffit de constater combien le petit vaisseau symbolique qui « fluctue » sans « mergitur » depuis des siècles, résiste justement depuis des siècles et vient à notre secours symbolique en ces temps si tourmentés… Ainsi désormais les terrasses parisiennes du 13 novembre 2015 côtoient la devise de la déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen. S’asseoir sur une chaise en terrasse à Paris est devenu non seulement un acte du quotidien parisien, mais un acte citoyen, éminemment symbolique et porteur de sens et d’espoir. Et ça, aucun abruti sanguinaire ne pourra l’abattre. A l’inverse, force est de constater la nullité absolue de la portée symbolique de leurs massacres qui, si on les analyse d’un point de vue uniquement sémiologique, ont autant de panache que l’empoisonnement d’un chat domestique par un voisin aigri détestant les félins.

Et pour finir « good fucking luck » à ces abrutis, avec, bien sûr, John Oliver:

John Oliver about France

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